Nerve

Nerve

Moralisateur
pop corn

La gloire du joueur ou l’anonymat du voyeur.

Dans cette adaptation cinématographique du roman Addict (Nerve en VO) écrit par Jeanne Ryan en 2013, Ariel Schulman et Henry Joost proposent un thriller résolument d’actualité : à l’heure de Périscope et autre FacebookLive, les utilisateurs sont constamment à la recherche de viewers, d’une célébrité éphémère, tellement importante à leurs yeux. Le film puise son scénario dans cette idée : le jeu Nerve consiste à réaliser des défis proposés et rémunérés par des voyeurs anonymes. Au fur et à mesure, les gains augmentent autant que les risques encourus par les joueurs, ici Vee et Ian, interprétés par Emma Roberts et Dave Franco. Le jeu outrepasse la fiction et devient irréversible, sans échappatoire possible.

Même si le rapport du film à notre réalité n’est pas envisageable (pour le moment), il dénonce clairement l’utilisation actuelle des différents outils, le matérialisme ou l’insignifiance des « célébrités » éphémères visibles sur nos petits écrans. La mise en scène et l’exagération des placements de produits (les deux premières minutes du film sont consacrées à nous montrer notre dépendance ou du moins les utilisations constantes de ces outils) permettent une dénonciation bien ficelée. L’ambiance du film est elle aussi bien conduite, avec une bande son « fraîche », qui s’accorde parfaitement avec les scènes de tension. Si l’on s’arrêtait là, le film serait parfait… Cependant le manque de réalisme décrédibilise cette critique ouverte de la société. Tout au long du film, on peut constater que les réalisateurs s’attachent à rendre compte d’une certaine crédibilité (bugs des vidéos Skype). Les personnages ont constamment le nez sur leur téléphone et filment sans cesse. La déception porte également sur les personnages secondaires, vides ou concrètement inutiles (la mère de Vee ou son frère décédé). Enfin, le dénouement est...un peu facile…

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