LES ÉTERNELS

Les Eternels, Critique, Cinéma, Octopus Magazine, Clermont-Ferrand

LES ÉTERNELS

Une romance intelligente et parfaitement maîtrisée
pop corn

Zia Zhangke conte avec autant d’ambition que de simplicité, le destin d’un couple tiraillé entre le respect des traditions et l’intrusion dans un nouveau monde « sans foi ni loi ». Un film dominé par la sublime Zhao Tao.

On pourrait dire qu’avec Jia Zhangke, c’est l’éternel recommencement. Déjà dans ses films précédents, le réalisateur explorait l’histoire et le temps qui passe. L’histoire d’une Chine en proie aux mutations et le temps qui rattrape ceux que le destin mène au bord d’un précipice, reflet d’une société où ils tentent de vivre et d’une condition humaine dont l’issue est inéluctable. Avec Les Éternels, Jia Zhangke parle surtout d’amour dans une épopée en trois actes, qui, si elle se veut être une allégorie historique, est avant tout l’histoire d’un couple et surtout celle de Qiao, qui, au fil des années, suit sa route de femme, de son impétueuse jeunesse au « renoncement final ».

Un rôle sublime

Cette femme est incarnée par Zhao Tao, compagne et muse du réalisateur, ce dernier lui ayant donné là un rôle sublime. Elle incarne à merveille la fougue de la jeunesse, le délitement et la mélancolie de celle qui se retrouve seule en proie à ses démons, le combat d’une femme en quête de rédemption. Elle nous entraîne avec force dans son destin de femme prise dans les tourments d’une société dans laquelle elle tente de trouver sa place et d’un amour ravageur qui, en fin de compte, est celui vers lequel elle se tourne, tout au long de son histoire, qu’elle s’en remette à lui ou qu’elle s’en détourne. À elle seule, elle incarne la grande question posée par cette romance intelligente et parfaitement maîtrisée : qu’est-ce qu’aimer ? 

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Critique parue dans Octopus Magazine d'avril 2019