Hotel Singapura

Hotel Singapura

Intime
pop corn

Il était une fois un hôtel.

Dans cet hôtel, il y a un couloir et, dans ce couloir, il y a la suite n°27. Cette chambre, unique décor du film, a vu défiler depuis les années 1940 toutes sortes de clients, du couple d'amants aux prostituées et autres touristes. Hotel Singapura est construit comme une succession de courts métrages, où à chaque décennie une histoire différente est racontée.

Pendant quelques minutes, on pénètre dans l'intimité des personnages, du couple d'amants qui se quitte aux adolescents en quête d'amour, en passant par les prostituées féministes des années 1950 et une transsexuelle tiraillée à la veille de son opération... Le tout sous l'œil bienveillant du fantôme de Damian, une pop-star qui hante les lieux depuis sa mort dans la suite n°27 dans les années 1960 et d'Imrah, la femme de chambre qui travaille à l'hôtel, dont il est tombé éperdument amoureux. Eric Khoo raconte ainsi, avec poésie et parfois avec humour, l'amour, la peur, les espoirs déçus et le temps qui passe. Raconter ce temps qui passe, c'est aussi évoquer l'évolution de la société singapourienne, de la fin de la guerre à nos jours -voire au-delà-, avec des décors toujours très soignés, du téléphone rétro au smartphone en passant par le biper. Dommage que la fin transforme cet hôtel rempli de souvenirs et d'anecdotes en cloaque sordide où rien n'a plus ni queue ni tête, hormis l'histoire d'amour entre Damian et Imrah, qu'on veut nous montrer plus forte que la mort mais qui n'a jamais été développée qu'en filigrane tout au long du film.

Images 
Vidéo