Gregory Crewdson

Gregory Crewdson

Le cinéaste de la photographie
tête de l'art

Évènement au FRAC Auvergne de Clermont-Ferrand. A partir du 20 mai et jusqu’au 17 septembre, la salle d’exposition clermontoise accueille les œuvres photographiques du grand Gregory Crewdson. Les photographies issues de différents travaux de la « star américaine de la photographie » s’installent pour une exposition prolongée et exceptionnelle dans la région.

« C’est vraiment un évènement » annonce fièrement Jean-Charles Vergne, directeur du FRAC Auvergne. « Gregory Crewdson est une véritable star, l’un des dix photographes vivants les plus importants au niveau mondial ». Voir le FRAC de Clermont-Ferrand accueillir une telle exposition est un symbole culturel fort pour la région, mais aussi une véritable chance pour le public d’apprécier des œuvres d’une telle ampleur. Il faut d’abord savoir que le Fonds Régional d’Art Contemporain s’attelait à la tâche, depuis près de cinq ans, afin de programmer Gregory Crewdson au FRAC de Clermont-Ferrand. Difficile d’accès et particulièrement plébiscité, le photographe ne se prête que très peu au jeu de l’exposition. « Finalement, il a dit oui » se félicite le directeur du FRAC. Avec seulement six de ces œuvres présentes en France, quatre photos anciennes au Centre National des Arts Plastiques, une photo plus récente achetée encore une fois par le CNAP, puis une dernière au Centre Pompidou (qui sera présentée lors de l’exposition), l’exposition clermontoise prend l’allure d’un évènement exclusif, d’autant « qu’il va se passer un certain temps avant qu’il y ait une autre exposition de Gregory Crewdson en France ». Une septième photographie vient d’être acquise par le FRAC Auvergne dans le cadre de sa collection.

 

« Une pratique photographique extraordinaire »

A la manière d’un peintre, « composées comme des Vermeer », les photographies de Crewdson reposent sur une pratique singulière. L’artiste met en forme les images mentales « extrêmement précises » qu’il a en tête, grâce à la photographie. Il met alors en œuvre de nombreux moyens techniques afin de les reproduire le plus fidèlement possible, de façon très détaillée. Avec des moyens « qui sont ceux du cinéma », grâce à l’installation de décors, l’utilisation de figurants, Crewdson emploie jusqu’à une centaine de personnes pour la production d’une photo, impliquant des coûts de production très importants. En guise d’introduction pour l’exposition, c’est une série de très grandes photos (celles qui l’ont propulsé) datant de 2005-2007 qui sera présentée. La suite de l’exposition sera composée d’une mise en parallèle de deux séries photographiques. L’une de 1996 intitulée « Fireflies » : cette série se compose de 60 petites photos de nuées de lucioles dans la nuit, en noir et blanc, prises dans la ville Becket, là où le photographe partait en vacances avec ses parents. « C’est absolument sublime ». L’autre est la dernière série réalisée par l’artiste appelée « Cathedral of Pines » : après 3 ans de « sécheresse créative », Crewdson se rend dans la forêt de la Cathédrale des Pins (toujours à Becket) et visualise les 31 photos qu’il réalisera pour cette série tel « un déclic à la David Lynch pour Mulholland Drive ». Les photographies sont à la fois surprenantes et sublimes, « ça vaut vraiment le coup de voir ça »… puisqu’on vous le dit !

©Gregory Crewdson - The Shed 2013 - Impression pigmentaire numérique 114,5x146,2 cm (encadré) - Collection FRAC Auvergne

Info+ 

Exposition FRAC Auvergne (Clermont-Fd)
Du 20 mai au 17 septembre
www.frac-auvergne.fr