Cuba

Cuba

Un paradis cadenassé
respire

Le plus grand archipel des Caraïbes s’ouvre au monde depuis quelques années. Soleil et plages de sable fin, les différentes îles de la République de Cuba offrent aux touristes une richesse patrimoniale et naturelle incroyable. En marge d’une situation politique et sociale complexe, cette contrée paradisiaque affiche son envie de se défaire d’une image totalitaire omniprésente.

« La patrie ou la mort, nous vaincrons ». La devise nationale cubaine définit clairement l’état d’esprit des hommes et des femmes qui ont participé à la construction du pays. Découvert par Christophe Colomb en 1492, l’archipel cubain est ensuite devenu un territoire colonial. Aujourd’hui encore, les empreintes de cette période sont flagrantes dans le paysage urbain ancestral cubain. Si l’on se fie aux villes et leurs architectures, que ce soit La Havane, capitale du pays, Santiago ou Santa Clara, le décor est clairement estampillé à l’effigie hispano-coloniale. Entourés d’un littoral splendide, les fortifications et l’ambiance baroque créent un rendu éblouissant d’histoire.

Autour de ces centres urbains, la verdure luxuriante et tropicale peint en vert les chaînes de montagnes de la Sierra Maestra, l’Escambray ou la cordillière de Guaniguanico. Montagnes d’un côté, océan turquoise de l’autre, les plages cubaines sont paradisiaques. Ruban de sable blanc, eau claire, d’innombrables palmiers, les plages de Varadero, de la Trinidad ou de Guardalavaca sont dignes des plus belles cartes postales. Toutefois malgré ce cadre splendide, idéal pour le tourisme, le peuple cubain vit encore aujourd’hui dans une précarité déconcertante.

 

Hasta la revolución siempre

 

Depuis son émancipation des États-Unis le 20 mai 1902, Cuba tâche de créer sa propre identité, entachée jusque-là par l’esprit colonial, et laisse place au gouvernement autoritaire de Fulgencio Batista. La grande révolution de 1959, menée par Fidel Castro, allié au fameux Ernesto « Che » Guevara, permettra au parti communiste cubain de se constituer République Socialiste, unique « force dirigeante supérieure » envisageable dans la Constitution de 1965. Depuis, la famille Castro dirige le pays d'une main de fer et ne laisse place à aucune autre initiative politique. Avec Fidel jusqu’en 2008, puis son frère Raùl aujourd’hui, les libertés fondamentales d’information ou d’expression ont toujours été contrôlées par l’État. La liberté de la presse est inexistante et de nombreux opposants politiques et journalistes (hors État) sont aujourd’hui incarcérés (José Antonio Torres, correspondant pour le quotidien officiel cubain Granma, en prison depuis le 1er mai 2011 ; ainsi que Yoeni de Jesùs Guerra Garcia, un blogueur de l’agence de presse cubaine indépendante, Yayabo Press). La culture aussi est muselée. Limitée aux clichés ancestraux des cigares, du rhum et du jazz folklorique cubain, la restriction culturelle cubaine est trop importante ; il ne reste par exemple aujourd’hui qu’une vingtaine de salles de cinéma sur l’ensemble du pays.

Mais depuis peu, Cuba s’ouvre économiquement au monde et reste une destination rêvée pour les touristes qui se déplacent de plus en plus nombreux sur l’île (près de 3.5 millions en 2015). La récente poignée de main entre les présidents Obama et Castro impliquant la « réconciliation » entre les deux pays présage un avenir plein d’espoir pour le peuple cubain et cette île à l’avenir florissant.

ÉCO’BIO :

Tout le monde connaît l’esprit révolutionnaire cubain. Qu’en est-il de la révolution écologique ? La chute de l’URSS, au début des années 90, principal fournisseur de ressources pétrolières, alimentaires et d’engrais chimiques de l’île caribéenne, met à mal l'approvisionnement de l'île en énergie. Cuba a alors l’obligation de réagir et décide de lancer sa production agro-écologique. Partout, en zone urbaine, sur des terrains abandonnés, sur d'anciennes décharges, une multitude de jardins biologiques fleurissent et se développent de façon archaïque, à l’aide d’engrais à base de composts, de pesticides naturels, et sans pétrole, substitué par l’utilisation d’animaux de trait. Dans le même élan, l’élevage est également développé. Rapidement, des coopératives agrobiologiques permettent au pays de subvenir à 70% de ses besoins alimentaires, largement supérieur à l’autonomie française par exemple (estimation du CESER : la région Île-de-France dispose de quatre jours de réserve alimentaire). Aujourd’hui, malgré la réutilisation du pétrole depuis 1993, les sols, l’air, et l’eau ne sont que peu contaminés. Avec la mise en avant de la biodiversité, la sécurité alimentaire est améliorée, l’indice de développement humain est à la hausse, impliquant pour Cuba, un développement durable exemplaire. Hasta la revolución verde !

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