Ce qui nous lie

Ce qui nous lie

Le lien de la lie
pop corn

Voilà 10 ans que Cédric Klapisch souhaite réaliser « Ce qui nous lie ». Un film sur le vin, la famille, sur le lien qui existe entre nous, entre vous, entre eux. À l’époque, « la trilogie des voyages de Xavier » (L’auberge espagnole, Les poupées russes et Casse-tête chinois) ne lui laisse pas le temps nécessaire à l’accomplissement de ce projet. 2017 sonne telle l’année des vendanges, de la maturation et d’un cru final à la fois joyeux et triste, grave et léger, réussi et touchant.

En 2015, Cédric Klapisch se lance dans un projet qu’il envisage depuis des années : réaliser un film sur le vin. Sur le vin, mais pas seulement. Sur la fraternité, sur l’amour, la peine, la vie et les liens qui la construisent. En 2017, le résultat s’avère particulièrement réussi. « Ce qui nous lie » invite le spectateur à découvrir la Bourgogne, région symbolique du vin. Dans cette Bourgogne, on découvre une famille de viticulteurs. Composée de deux frères et d’une sœur, la fratrie se doit d’affronter la mort du père, impliquant la récupération des récoltes, de la maison, des stocks, des soucis… Même si le scénario ne laisse envisager rien d’extraordinaire, la complicité largement visible à l’écran des trois acteurs principaux (Pio Marmai, Ana Girardot et François Civil) transforme cette histoire de famille en une ode à l’amour fraternel, grâce à la transfiguration de ces histoires qui font partie du quotidien de beaucoup.

Tout est une histoire de temps

L’intrigue suit le temps. Celui des saisons qui fondent les différentes étapes de la création du vin. Celui du vin, qui peu à peu prend forme et s’établit tel un cru. À travers ce temps, ces périodes, le spectateur découvre ce qu’est le métier de la terre et du vin. Klapisch troque les rues de Barcelone, Londres, Saint-Pétersbourg ou New-York pour la campagne magnifique de Bourgogne. Dans les vignes, un paysage aussi dépaysant que peut l’être l’Australie, les personnages se chamaillent, se raccommodent, se perdent et se lient. Le sujet grave permet aux personnages de faire pleurer puis rire dans la scène suivante. Cette fratrie est particulièrement attachante. Ensemble, ils surmontent le temps du deuil, lequel mène aux temps du pardon et de la réflexion, le temps d’un cru, le temps d’une vie… une vie de vin.