The Young Lady

The Young Lady

De Shakespeare à Leskov
pop corn

The Young Lady est un film adapté du roman de Nikolaï Leskov « La lady Macbeth du district de Mtsensk » (1865). Un roman qui traite des caractéristiques du personnage de la pièce mythique de William Shakespeare.

Oldroyd signe là une fresque réaliste d’une jeune femme prête à tout pour être libre. On y voit une Lady Macbeth très bien incarnée par Florence Pugh. Une demoiselle, au XIXème siècle, mariée à un homme bien plus âgé qu’elle. C’est en punition que la jeune femme perçoit ce mariage forcé, telle une prison dans cette demeure vide, enfermée dans ce rôle de maîtresse de maison et d’épouse aimante. Serrée dans cette vie comme dans son corset, elle se rebelle, tout au long du film, en quête de liberté. C’est dans l’adultère qu’elle rencontre l’amour, le vrai, celui qui brûle le corps d’une passion infinie. Ce palefrenier, Sebastian, dont elle tombe éperdument amoureuse, lui fait découvrir les joies de l’amour. Cette passion la transcende. Ce film renouvelle le genre, à mi chemin entre « Orgueil et Préjugés » et « The Duchess », met en scène une femme « attachée trop longtemps », qui, sous le joug d’un époux sévère, transgresse le rôle qu’elle est censée tenir. Sous ses airs de demoiselle en détresse, rien ne laisse paraître le sang froid dont elle fait preuve tout au long du film. En effet, Katherine est éprise de sentiments qui la poussent à aller au-delà de la morale, au-delà même de l’entendement.

 

L’amour passionnel, celui qui pousse au crime

On se rend vite compte qu’elle est manipulatrice et elle nous surprend tout au long du film ; d’une jeune femme délicate à une Lady Macbeth déterminée. La froideur de ses actes nous donne des frissons. Cet amour qui pousse au crime, c’est bien de celui-là dont elle est éprise. Bien plus que des sentiments, son amant lui a offert la possibilité de s’émanciper, un peu trop peut-être. Peut-on la pardonner ? Elle n’a peur de rien et ne laisse échapper aucune émotion. D’ailleurs c’est dans une impassibilité naturelle qu’elle n’hésite pas à trahir son amant et le fait condamner, quand il essaie de la dénoncer, en vain. L’authenticité est très bien rendue par l’absence de musique, les décors épurés et la quantité mesurée de dialogues. Aucune fioriture, la volonté de rester fidèle aux personnages tels qu’ils auraient pu être, la justesse des décors et le jeu d’acteurs rendent ce film très pertinent. Les scènes sont pensées comme des tableaux. La rencontre de Vermeer, de Shakespeare et des soeurs Brontë. À plusieurs reprises, des scènes opposées s’enchaînent, ce qui renforce l’esprit rebelle de la jeune femme. À première vue, le film semble prévisible, mais la tournure des choses nous décontenance, tant au niveau de l’intrigue qu’au niveau du changement de personnalité de Katherine. Le film se termine sur un plan fixe. On la voit assise sur le canapé du petit salon. La liberté a un coût... que cette Lady Macbeth paie au prix fort.