Wazoo

Wazoo, Folklore auvergnat, Culture, Musique, VVX, Octopus Magazine, Interview

Wazoo

huis clos

Depuis 20 ans, Wazoo distille son folk festif auvergnat, de fêtes de village en scènes festivalières mythiques. Un style unique, où chanson rurale trinque avec standards du folklore du Massif Central, apprécié de tous, que les fans vont pouvoir vivre en live dès le mois de mai. Jeff Chalaffre, heureux créateur de ce groupe pas comme les autres, nous livrent ses « bonnes pensées » d’avant-tournée.

Wazoo, quel nom étrange… ???

Wazoo, c’est une énigme. On lui donne toujours une signification, mais jamais la même. On parle d’un hibou surnommé Oisou croisé dans les montagnes grün de Chignore au retour d’un repas des chasseurs de Saint-Agathe. Aussi d’un souvenir d’une randonnée nocturne avec des extraterrestres dans les grottes de Clierzou. Peut-être un jour aurons-nous la vraie réponse…

Une belle énigme… Et votre rencontre avec Kévin Quicke, avec qui vous avez créé Wazoo, elle est aussi énigmatique ?

Je ne dirais pas dans quelles circonstances exactes nous nous sommes rencontrés… C’était en 1996, dans un lieu de perdition de l’époque qui s’appelait le Blue Sport Café. Kevin y travaillait. Moi, je venais de terminer mes études de musicologie. Nous avons d’abord officié dans RAS, un groupe de reprises festif. Puis, au bout de deux ans de concerts, à aller de caves de la butte en soirées étudiantes, on a décidé de se mettre à la composition et Wazoo est né. De mon côté, je composais des morceaux depuis longtemps et j’aimais aussi travailler le studio, le son.

Puis est arrivé le succès que l’on sait, avec notamment La Manivelle qui a été double disque d’or… Comment en êtes-vous arrivés là ?

On a eu la chance d’avoir un manager qui s’est bien occupé de nous. Il était exigeant et connaissait tous les rouages du métier que, de notre côté, on découvrait. Il se trouve qu’il a cru en nous aussi parce qu’on lui a apporté une bonne chanson. Le succès après émerge et on ne sait pas toujours pourquoi. Notre morceau a bénéficié d’une large diffusion, sur les radios locales, dans les discothèques, dans les fêtes de village. Tout ça a créé des liens qui nous ont     ancrés, peu à peu, dans la France des terroirs. On faisait avant tout de la musique rurale et on continue à en faire !

Pourquoi avoir décidé de reprendre l’aventure Wazoo ?

On a repris en 2010 dans un contexte particulier. Tout est parti d’une invitation de la part de la Madonna de l’accordéon Sylvie Pulles qui fêtait ses 25 années de carrière à l’Olympia. Puis, en 2011, on nous a proposé un enregistrement. On a sorti le single Vogue la vie, avec Yves Courthaliac que nous connaissions depuis longtemps et pour qui j’avais travaillé sur le documentaire sur Jean Anglade. On a relancé les tournées, puis on a sorti notre 3e album en 2013. Puis, en 2015, ça a été Mefia te avec les morceaux Cantal + et l’Apérophilie, qui sont devenus des hymnes des jeunes conscrits des campagnes. Au fil des années, notre public s’est élargi. En 2013, Wazoo était écouté et apprécié essentiellement par des gens de notre génération et, petit à petit, ça a atteint les jeunes, ce qui nous a surpris nous-mêmes. De notre côté, le groupe évolue aussi. On a un noyau dur et des gens gravitent autour. C’est un peu un collectif et les musiciens changent selon les occasions.

Donc, vous arrivez en 2019, l’année de vos 20 ans. Ça se fête !

2019, en effet !!! On va débuter notre J’ai pris cher Tour après avoir sorti un best of. C’est un double album de 28 titres repris tels quels ou réenregistrés. Il y aura aussi un inédit : Notre ruban bleu, qui est une réappropriation personnelle d’un thème traditionnel. Le monde de la musique traditionnelle est un puits sans fond. On fait toujours des découvertes incroyables…

Vous pouvez nous en dire plus sur vos concerts à venir ? Wazoo en 2019, c’est quoi sur scène ?

Notre tournée ne va pas être quelque chose de figé. Nos concerts, ça va être vraiment à la bonne franquette musicale, comme toujours. La soirée de nos  20 ans va se dérouler à Pérignat et ça va être une soirée particulière qui débutera par un bon apéro avec truffade, gentiane… - On a une gentiane Wazoo et cette année on a une cuvée Côtes d’Auvergne qui porte notre nom -. La banda de Cournon viendra enflammer cette séances d’apérophilie et, pendant notre concert, il y aura des invités.

Vous avez un lien particulier avec le monde du rugby…

Sur le best of figurera le morceau Margarita, écrite en hommage à ces soirées mémorables. Et, parallèlement au best of, on sort un 6 titres spécial Yellow Army avec nos morceaux Roro, Ici C’est Montferrand, plus deux chansons originales : Cette année, c’est la bonne, hommage au titre de 2017 et Yellow Song, une chanson qui nous a été proposée par un supporter, Pierre Boulicot, et que l’on a finalisée avec lui.

Après, c’est la folle tournée qui commence… Comment appréhendez-vous tout ça ?

On va faire 30-40 dates, dont beaucoup l’été. C’est vraiment une chance pour nous de faire une tournée dans de telles conditions. On continue de chanter le terroir dans des fêtes de village, on chante que dans les campagnes ou presque. Nos concerts sont de vraies fêtes de famille, où tout le monde se retrouve, des enfants aux grands-parents. Et tout ça avec un budget minimum. Nos VIP à nous, ce sont les bénévoles des comités des fêtes. On va jouer aussi dans des lieux magiques comme à Dax pour l’ouverture des ferias. On les avait sollicités en 1999 et ils ne nous avaient pas répondu. Là, ce sont eux qui nous ont appelés donc, quelque part, c’est une fierté pour nous !

Quel regard portez-vous sur toutes ces années Wazoo ?

On a réussi à tracer notre route en jouant dans des endroits super, en pleine campagne. On a souvent croisé des gens qui critiquaient nos choix, nous demandant ce qu’on allait faire dans ces coins perdus. Mais, nous, on a toujours aimé ça et puis, certaines fêtes sont de vrais évènements. Par exemple, on a joué pour une fête du pain à côté de Périgueux qui a attiré 20 000 personnes. Et ce n’est pas la seule… On fait une musique rurale et de terroir, on y tient et ça ne va pas changer maintenant.

Quel est le secret de Wazoo, de son succès ?

Je crois qu’avec Kevin, au-delà de notre amitié, on apporte à Wazoo chacun nos propres compétences et c’est ça qui nous permet d’avancer. On est très complémentaires et ça fait la force du groupe. Moi, je m’occupe de la partie plutôt en amont du projet et Kevin est celui qui supervise plutôt le côté scénique. Ça fonctionne aussi, parce qu’on a jamais eu de problèmes d’égo à régler. On avance pour Wazoo, on ne cherche pas à se mettre en avant plus que l’autre, que ce soit lors des enregistrements ou sur scène. Il est évident que Kevin «  prend plus de place  » sur scène car il est plus extraverti que moi, mais ça me va très bien et à lui aussi !

Info+ 

► 7 mai : Ytrac / 31 mai : Volvic (VVX) / 14 juin : Peschadoires / 21 juin : Beaumont / 6 juillet : Moulins / 7 juillet : Huriel / 14 juillet : Saint-Flour / 20 juillet : Murat le Quaire / 27 juillet : Sainte-Christine / 2 août : Albepierre-Bredons / 3 août : Olliergues / 11 août : Arnac / 15 août : Bonnac / 16 août : Commentry / 17 août : Le Claux

Interview parue dans Octopus Magazine de mai 2019