Rencontre avec Florian Ruckebusch

Rencontre avec Florian Ruckebusch

Jammer en équipe de France de roller derby
mi-temps

© Julien Dessèvre & Joe_Mac

Avant la coupe du Monde, Octopus Magazine est allé à la rencontre de Florian Ruckebusch, jammer dans l’équipe de France de Roller Derby.

1/ Bonjour Florian, peux-tu te présenter brièvement.

Bonjour, j’ai 28 ans. Je suis technicien d’exploitation pour la société DALKIA et j’occupe la plupart de mon temps libre à pratiquer du sport et plus précisément le roller derby et le crossfit. 

 

2/ Peux-tu nous parler du roller derby ?

Le roller derby est un sport américain qui se pratique sur des patins à roulette (quad pour les initiés). Le principe est simple : sur une piste ovales (appelée track) de la taille d’un terrain de handball de 4m de large, 2 équipes de 14 joueurs s’affrontent. Sur la piste une équipe de 5 joueurs composée d’un jammer et de 4 bloqueurs. Le but du jammer est de dépasser l’équipe adverse pour marquer des points. Pour chaque adversaire dépassé un point est marqué, les bloqueurs empêchant le jammeur  adverse de passer à l’aide de leurs hanches et épaules. Chaque phase de jeu dure 2 minutes avec 30 sec de pause. Ce qui correspond en moyenne à 30 manches par match. À cela vient s’ajouter de nombreuses règles, ce qui nécessite la présence de 7 arbitres lors des matchs.

 

2/ Le roller derby est une discipline féminine au départ. Pas trop difficile d’exister pour les équipes masculines ?

Le sport existe depuis longtemps et a complètement évolué ces dernières années. À la base c’était une représentation ressemblant au catch où les concurrents faisaient le spectacle en feignant des rixes. De là, a découlé le sport que l’on connaît aujourd’hui, beaucoup plus cadré et qui à pris énormément d’ampleur depuis la sortie du film Bliss. Suite à ça les premières équipes qui se sont créées étaient exclusivement féminines et forcément les garçons ont suivi le mouvement. Aujourd’hui, avec l’expérience, on peut constater que l’entente est au beau fixe, il existe des tournois appelés “Co-ed” où les équipes sont mixées, on découvre que nos compétences sont complémentaires. Il n’est pas rare de voir des filles qui coachent des équipes mecs et vice versa.

 

3/ Tu faisais partie de l’équipe de Calais, comment es-tu arrivé à Orcet ?

Je suis originaire du Nord-Pas-de-Calais, et j’y ai toujours vécu. J’ai commencé le roller derby en 2012 au tout début de la discipline en France. Je me suis rendu aux premières sélections “Team France” en 2013 et j’ai été sélectionné. Depuis j’ai totalement abandonné ma passion pour le moto cross pour me consacrer totalement à ce sport. J’ai changé de région en partie pour ça, étant donné que les stages équipe de France se passent principalement dans le sud mais pas seulement : l’équipe d’Orcet a un réel potentiel et grâce à un joueur, Nino pour ne pas le nommer, j’ai pu déménager sur Clermont-Ferrand et me sentir comme chez moi ici.  

 

4/ Il y a donc 2 « branches » différentes (filles & garcons), et il y a différents niveaux de compétitions. Peux-tu nous expliquer comment cela est structuré ?

Il existe un championnat fille et pour l’instant une coupe de France garçon. Pour les filles nous avons 3 niveaux distincts : Nationale 2, Nationale 1 et Élite. Ce dernier étant le niveau le plus élevé, où s’affrontent les meilleurs équipes françaises. Il y a environ 70 équipes féminines en France. Par exemple, les Auverniaks évoluent en Nationale 2, ont terminé 3ieme l’an dernier et l’équipe d’Orcet évolue en Nationale 1. Pour les garçons, c’est plus simple étant donné qu’il n’existe qu’une quinzaine d’équipes. Nous ne sommes pas suffisamment nombreux pour qu’il y ait plusieurs niveaux. Seulement 8 équipes participent à cette coupe, les 6 premières équipes étant sélectionnées d’office, des manches qualificatives se disputent pour les 2 dernières places, une dans la zone nord, une dans la zone sud.

 

5/ Depuis combien de temps fais-tu partie de l’équipe de France ? 

J’ai intégré l’équipe de France depuis le début. Quand celle-ci s’appelait encore “Team France” car le sport n’était pas encore affilié à la fédération. J’ai eu la chance de participer à la première Coupe du Monde de roller derby masculin qui s’est déroulée à Birmingham en 2014. On y a fait un très bon résultat en terminant à 4ieme. Suite à cela on peut dire que le roller derby francais se défend très bien, pour un sport relativement récent.

 

6/ Comment te prépares-tu à la MRDWC qui se déroulera à Barcelone en avril prochain ?

Avec l’équipe de France, à peine la dernière Coupe du Monde terminée, on pensait déjà à la suivante. Pour ma part, je pratique beaucoup de crossfit en complément du roller. C’est vraiment un sport qui m’aide à me renforcer, à gagner en explosivité et à avoir un bon cardio : les qualités essentielles pour être un bon jammer. Je pratique ce sport chez Crossfit 6301 et les remercie pour leur accueil et leur coaching. Je retrouve la même philosophie là-bas que dans le roller derby. Un esprit de partage, d’échange et d’entraide. J’invite tout le monde à s’y essayer. Pour reparler du roller derby, l’équipe de France est constituée d’un collectif d’une trentaine de joueurs. Seulement 20 sont sélectionnés pour disputer des événements tels que la Coupe du Monde. Le niveau français est en train de prendre de l’ampleur et c’est de plus en plus difficile de conserver sa place avec tous ces petits jeunes qui arrivent et qui sont bourrés de talent. Souvent les coachs invitent de nouvelles recrues pour les tester et voir s’ils peuvent intégrer le collectif. C’est vraiment grâce à l’équipe de France que j’ai pu progresser et appris énormément de choses. Je remercie les coachs pour ça et pour avoir toujours cru en moi. 
J’essaye un maximum de faire partager mon expérience auprès des filles que j’entraine mais aussi en organisant des bootcamps (stage de perfectionnement) dans d’autres ligues. 

 

7/ Comment vois-tu l’avenir pour le roller derby ?

Chaque année la discipline regroupe de plus en plus de licenciés et cette évolution n’est pas anodine. Il y a vraiment un réel potentiel dans ce sport. Il existe désormais des équipes juniors qui se créent dans toute la France, dont Clermont-Ferrand et Orcet. Cet été les Dead dragibus (l’équipe junior de Calais) a participé à un tournoi international à Copenhague, sur 2 jours. C’est exactement le genre d’événement dont a besoin un sport pour se développer. La relève est assurée, on n’a pas fini d’entendre parler de roller derby. Et pourquoi pas voir cette discipline aux J.O. dans quelques années ?

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