MA VIE AVEC JOHN F. DONOVAN

MA VIE AVEC JOHN F. DONOVAN, Critique, Cinéma, Octopus Magazine, Clermont-Ferrand

MA VIE AVEC JOHN F. DONOVAN

Des images aussi intimistes que grandioses
pop corn

Le dernier film de Xavier Dolan raisonne comme un plaidoyer de la vérité et du « beau mensonge », que le réalisateur donne à voir avec tout son talent de faiseur d’images aussi intimistes que grandioses. Le scénario souffre cependant d’aller-retours redondants, qui mettent parfois à mal la partition des personnages.

Plutôt que l’amour, l’argent, la gloire, donnez-moi la vérité. Cette citation introduit Ma vie avec John F. Donovan et en fait son fil rouge. Un fil rouge ambitieux qu’il n’est pas simple de dérouler en un seul film, apparemment. Car, Xavier Dolan s’est un peu perdu dans les méandres de son labyrinthe où il mêle différents points de vue et époques, différents niveaux de narration, qui finissent par faire passer au second plan la substantifique moelle de l’histoire, et ses protagonistes avec.

Des personnages pris au piège

On est sans cesse ballotté d’un monde à l’autre, de souvenirs en réalité de tous ces personnages pris dans le vertige de leurs passions, de leur quête, de leur mal-être, de leurs souvenirs. Des destins croisés, certes, mais que l’on partage avec cette frustration de ne jamais aller vraiment au bout. Les personnages, portés haut la main par un casting exemplaire, perdent parfois de leur crédibilité, passant de but en blanc de scènes émotionnellement vives en séquences inconsistantes, où ils n’ont pas vraiment leur place. Malgré tout, Ma vie avec John F. Donovan reste un film qui nous transporte jusqu’à la fin, car d’un esthétisme rare.

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Critique parue dans Octopus Magazine d'avril 2019