KONG : SKULL ISLAND

KONG : SKULL ISLAND

L’île aux monstres
pop corn

Qu’on se le dise, s’attaquer au mythe cinématographique que représente King Kong n’est pas chose aisée. Pas moins de huit films ont déjà été réalisés, la dernière adaptation datant de 2005, avec un renouveau particulièrement jouissif signé Peter Jackson. Et nous voilà en 2017, le jeune réalisateur Jordan Vogt-Roberts s’attaque à ce mastodonte du cinéma, dans tous les sens du terme.

King Kong est un mythe indémodable du cinéma fantastique. Les différentes et nombreuses œuvres qui lui ont été consacrées l’attestent. Si bien qu’il s’avère aujourd’hui à la fois difficile et dangereux de s’attaquer à une telle icône du cinéma. Les cinéphiles et autres amateurs du genre ont bien évidemment l’image du singe géant, luttant du haut de l’Empire State Building (belle blonde au creux de sa paume) contre les assauts surarmés des hommes revendiquant leur suprématie sur la Terre. Avec cette nouvelle adaptation, l’angle de l’histoire est différent. De façon assez singulière, l’histoire et son intérêt prennent un tout autre visage. S’appuyant sur d’évidentes influences (l’île est pleine de monstres, tout comme dans la version de Peter Jackson, la scène des hélicoptères rappelle aussi Apocalypse Now), le rôle de Kong n’est plus uniquement celui de la « bête à abattre », mais aussi celui du roi protecteur et bienveillant de l’île. Une certaine patte écologique est apportée au film tandis que son déroulé se confronte aux précédents films. C’est à la fois logique et bienvenu car l’idée d’un film (au départ) n’est pas de copier ses prédécesseurs, mais bien d’innover et d’apporter de nouvelles idées grâce à l’intrigue (même si l’idée de départ est la même). La petite pique destinée aux États-Unis, identifiés comme largueur intempestif de bombes ou de napalm le démontre et souligne cette identité écologique.

 

Effets spéciaux contre effets de style

 

Les décors qui ont servi au film sont sublimes. Les images qui en découlent le sont aussi. Les effets spéciaux qui les remplissent sont également maîtrisés, notamment lors des batailles titanesques qui font du film un divertissement, empli d’actions, plutôt réussi. Mais les effets spéciaux à eux seuls ne font pas tout. Afin de réaliser un film digne de ce nom, le scénario doit tenir la route (au moins un minimum) et le spectateur doit s’attacher aux personnages. L’intrigue de Kong est simpliste… vue, vue et revue. Les personnages ne sont ni intéressants, ni originaux. On ne s’y attache pas. Le seul personnage qui sort du lot s’avère être fait d’images de synthèse, il mesure plus de 15 mètres de haut et ne prononce aucun mot… Les clichés de soldats aussi intelligents que des balais n’aident pas non plus. L’humour et le second degré relèvent quelque peu le niveau mais nous sommes « bon public » si l’on peut dire. Kong est finalement un divertissement plaisant mais qui prend son intérêt uniquement dans l’action explosive… rien d’autre.

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