Julien Doré

Julien Doré

Interview
huis clos

En pleine tournée à travers l’hexagone, Julien Doré est de retour à Clermont-Ferrand le 2 mai. Avec son passage au Zénith d’Auvergne de Cournon d’Auvergne, l’artiste multirécompensé et certifié quadruple disque de platine, présente son dernier album « & », un opus poétique et brûlant, qui prend tout son sens sur scène. Nous sommes allés à sa rencontre, entre deux balances.  

1- &, nouvel album. pourquoi ce titre d’album ?

 

Ce & est un lien, ma ligature entre l'autre & l'ailleurs. Chacun est libre d’imaginer les mots qui vont à gauche et à droite de ce signe après avoir ressenti les chansons.

 

2 - Vous avez composé cet album dans un chalet dans les Alpes, pourquoi ce choix ?

 

Je voulais m’extirper de la brume qui entourait Paris, et plus largement la France à cette période. J’avais besoin d’altitude, de prendre de la hauteur pour envisager la suite.

 

3 - À l’écoute de cet album, l’obscurité & la mélancolie sont d’autant plus présentes que sur les albums précédents. Quel est l’objectif de cet album.

 

Au contraire, cet album est le plus solaire de tous. Il est baigné de douceur et de bienveillance.

J’ai voulu créer du lien avec ces chansons, dans une époque qui oppose et sépare les êtres en permanence.

C’est dans une certaine mélancolie parfois que l’on sait savourer ce qui illuminera la suite.

 

4 - Les sonorités changent au fil des albums, comment expliquez-vous cette évolution ?

 

Cela dépend de l’instinct qui m’anime à chaque histoire. Pour celui-ci j’ai pris le temps de soigner chaque son, chaque silence. Il m’a fallu pratiquement une année de travail pour me sentir capable de le partager à l'écoute.

Le son d’un disque dépend toujours du feeling de l’instant.

 

5 - On vous entend chanter en italien, pour les sonorités ?

 

C’est la langue de mon enfance, c’est celle qui résonnait dans ce même chalet quand j’étais enfant.

Effectivement chanter dans une autre langue, c’est inviter au voyage.

 

6 - Si vous deviez définir le genre musical auquel vous prenez part, quel serait-il ?

 

Je fais des chansons en français qui invitent au voyage je crois.

Mais j’ai du mal à définir cela, pour moi la musique c’est le mouvement, l’intention, la tentative. 

Essayer de définir une zone où l’on se situe reviendrait à figer les choses & la suite.

 

7 - Vous êtes en tournée actuellement, une tournée qui vous mène au Japon, tout se passe bien ? Et le Japon alors ?

 

C’est sans doute la tournée & le spectacle le plus fou, génial & généreux que j’ai pu vivre jusque là.

Ce concert est tout ce que je suis, je donne tout ce que j’ai, chaque soir, le lien avec le public est juste unique & d’une bienveillance rare. 

Je vais jouer en mai au Japon effectivement, le disque est sorti là-bas et les chansons passent en radio, c’est fou & à la fois tellement délicieux, je savoure cette chance croyez-moi, chaque seconde.

 

8 - Les fans n’ont-ils vraiment pas le droit de « trop vous aimer » ?

 

« Faut pas trop m’aimer moi, sinon je panique » est une phrase du texte de la chanson Moonlight Serenade qui est dans le nouvel album. 

Elle parle essentiellement de mon lien au sentiment amoureux, intime, personnel, mais en rien du lien magique qui me lie viscéralement au public.

Si j’écris des chansons, si je monte sur scène, si je donne autant, c’est justement pour recevoir & donner cette dose d’amour qui me manque dans ma vie d’homme pudique & timide.

 

9 - Quelles sont vos références ou inspirations qui vs ont poussées à jouer cette musique, votre musique.

 

Ce qui m’entoure surtout, ce que j’ai traversé, tout ce que ma sensibilité a accepté de recevoir, de vivre & plus tard de retranscrire dans ma musique.

 

10 - Qu’est ce que vous écoutez en ce moment ?

 

Les mots des autres

 

11 - Pour conclure en 3 mots, à quoi doit s’attendre le public clermontois lors de votre concert du 2 mai ?

 

À suspendre le temps

 

Images