JULES CLUZEL

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JULES CLUZEL

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© Graeme Brown
Tombé dans le sport depuis tout petit, Jules Cluzel s’est très vite consacré à la course moto. Il remporte sa première victoire en championnat du monde moto 2 en 2010, sur le mythique circuit de Silverstone. Il a alors 22 ans. Depuis, le Montluçonnais continue d’afficher parmi les meilleures performances de sa catégorie. Nous l’avons rencontré juste après sa victoire de la première étape du championnat du monde Supersport.

Vous sortez victorieux de la première étape des championnats du monde en Thaïlande. Comment avez-vous abordé cette course À votre avis, qu’est-ce qui a fait la différence avec vos adversaires ?

Cette victoire a fait du bien après le podium en Australie. J’en suis vraiment content. Je sors avec 45 points sur 50 possibles. Cela ne m’était jamais arrivé auparavant. Pour remporter cette manche, j’ai fait moins d’erreurs que mes adversaires, j’ai été plus régulier et j’ai su attaquer au bon moment.

Cette performance vous met sur la bonne voie de la victoire «  finale  » ? Est-ce qu’elle vous fait voir vos ambitions autrement pour la suite de la saison ?

Non, l’objectif est toujours le même. Il faut donner le maximum à chaque course, et nous verrons bien où nous serons classés à la fin de la saison.

Vous avez abordé cette saison 2019 en tant que recordman français avec pas moins de 17 triomphes. Mais, la saison 2018 a été un peu compliquée pour vous, n’est-ce pas ?

D’un point de vue de la performance, non, la saison n’a pas été compliquée, puisque je termine 3e du championnat du monde. J’ai même été en mesure de me battre pour le titre jusqu’à la dernière course. Le team a eu des problèmes financiers, mais j’ai tout de même pu terminer la saison.

Vous avez dû vous remettre d’une blessure, vous avez changé de team. Comment avez-vous géré tout ça ? Vous sentez-vous en confiance ?

J’ai été bien entouré cet hiver et j’ai pris mon temps. Tout s’est construit petit à petit, nous avons eu des essais prévus au bon moment durant l’hiver, ce qui m’a permis de gagner en confiance rapidement.

Vous êtes resté fidèle à la Yamaha R6 ? Pourquoi ?

C’est une bonne moto. De plus, rester deux ans sur la même machine permet d’être plus performant dès le début. Je pense que c’est la moto qu’il me faut pour remplir mes objectifs.

Vous avez couru en 250cc, en 125cc... pour aujourd’hui faire le choix de la compétition en Supersport. Comment avez-vous fait ces choix ? Aucun regret ? Quels sont les avantages pour vous du Supersport ?

Mon passage des GP au Supersport était un choix de carrière. J’ai été complet dans toutes les catégories dans lesquelles j’ai roulé. Après le Moto2, le passage au Supersport était logique car les cylindrées sont les mêmes. Il y a beaucoup de pilotes qui se battent pour la victoire en Supersport, et c’est une donnée qui a pesé dans la balance.

Y a-t-il des rounds, des circuits que vous appréhendez plus que d’autres ?

Oui et non. On a toujours plus de réussite sur certains circuits, mais il faut les aborder tous pareil. (là, c’est l’expérience qui parle). Le circuit où j’ai le moins de réussite (Aragon) est désormais passé. J’ai réussi à marquer des points qui seront importants pour le championnat.

À quoi ressemblent vos entraînements ? Un tel niveau implique des sacrifices que vous faites depuis le plus jeune âge, non ?

Je suis dans le sport depuis tout petit, j’ai adapté mon entraînement en fonction de la catégorie dans laquelle je roulais et en fonction des blessures. En ce moment, c’est beaucoup de récupération musculaire pour la jambe gauche, du vélo, de la salle et du roulage avec l’équipe.

Comment êtes-vous arrivé sur une moto ? En compétition ?

C’est grâce à mes parents qui ont toujours été dans les sports mécaniques, et surtout dans la moto.

Si vous n’aviez pas été pilote moto, qu’auriez-vous aimé faire ?

J’ai toujours aimé le sport, j’ai fait de la gym pendant 10 ans. Je voulais être le meilleur. J’ai fait du karting, mais c’est très compliqué d‘arriver au plus haut niveau, surtout d’un point de vue financier. En moto, j’ai rapidement eu des possibilités en mondial. C’est ce qui me plaisait et là où j’étais le plus doué. Le karting et la gym m’aident d’ailleurs encore aujourd’hui dans la pratique moto.

Comment voyez-vous votre avenir  ?

Mon avenir, je le vois sur une moto, à me préparer, m’amuser et être heureux, comme ces 15 dernières années. L’objectif du côté pro est d’être champion du monde, et du côté personnel d’être heureux.

Avez-vous un rêve que vous aimeriez réaliser ?

Je n’en ai pas un en particulier, en sport c’est être champion du monde. Ce que je souhaite vraiment désormais, c’est d’être heureux dans ma vie. J’ai appris qu’il ne fallait pas se focaliser sur une chose, car par la suite, ça n‘arrive jamais.

Info+ 

Interview parue dans Octopus Magazine de mai 2019