ITW Jazz aux Sources / Adeline Talamandier

ITW Jazz aux Sources / Adeline Talamandier

huis clos

La commune de Châtel-Guyon et les habitants puydômois sont aujourd’hui habitués. Voilà 19 ans maintenant que le jazz est fêté chaque année par le biais du Festival Jazz aux Sources. À cette occasion, Octopus Magazine est allé à la rencontre d'Adeline Talamandier, « coordinatrice » du festival.

Une petite présentation s’impose. Quel est votre rôle au sein du Festival Jazz aux Sources ?

Je suis la déléguée générale du festival, je gère depuis onze ans la coordination entre tous les acteurs : association, directeur artistique, musiciens, danseurs, partenaires, bénévoles et festivaliers…

Quel est l’objectif d’un tel événement ?

L’objectif principal est d’offrir une vraie parenthèse dans le temps et l’espace. Jazz aux Sources réunit le jazz traditionnel et la danse swing, dans le décor châtelguyonnais des années folles. La magie du festival, c’est qu’il peut être écouté, regardé, dansé ou les trois !

Le jazz semble avoir une importance particulière sur notre territoire. Voilà que le festival de Châtel-Guyon fête son 19ème anniversaire, le Jazz en Tête soufflera sa 30ème bougie, des valeurs sûres en quelques sortes… Comment expliqueriez-vous cet intérêt ?

Effectivement, le jazz a une aura particulière en Auvergne, et nous sommes plusieurs à défendre le genre sous toutes ses formes. Je pense que nous luttons tous contre l’image « élitiste » du jazz, chaque festival sur un axe différent. Avec Jazz aux Sources, on retourne aux sources du jazz, celui qui se jouait dans les années 1920 à 1940 à la Nouvelle-Orléans ou dans les caves de Saint-Germain-des-Près, dans des salles sans fauteuil où le public était là pour bouger. Ce sont nos spécificités qui font que les festivals de jazz auvergnats durent, mais nous avons tous un point commun : les jazzmen aiment les bœufs ! Ces concerts improvisés créent une ambiance de partage musical dont le public ne se lasse pas.

Comment le festival a-t-il évolué au fil des éditions et des années ?

Jazz aux Sources n’a jamais quitté sa ligne de festival à danser. Mais il a commencé avec un cours de be-bop, dans une petite salle. Il s’est développé en fédérant les lieux de concerts (plus de dix bars et restaurants aujourd’hui) et en diversifiant les types de danse swing : be-bop et claquettes, puis lindy-hop, charleston, balboa, … Les artistes swing, musiciens et danseurs, comme les spectateurs, sont venus de plus en plus loin pour y participer. Quand je suis arrivée en 2007, je me suis aperçue que Jazz aux Sources était mieux identifié par les danseurs parisiens ou lyonnais que par les Auvergnats. L’association Jazz aux Sources a été créée en 2009, pour fédérer l’énergie des partenaires, et apporter du sang neuf et de nouvelles idées. Notamment, le pré-festival apporte la bonne nouvelle du swing à nos voisins.

La programmation artistique s’annonce une nouvelle fois exigeante. Pouvez-vous nous en dire quelques mots ?

Christian Vaudecranne s’attache à trouver des formations idéales pour les danseurs, mais il recherche aussi les meilleurs artistes du swing mondial. Cette année, il a invité les suédois du Second Line Jazz Band, l’australien Kid Dutch et les voix d’Ellen Birath, d’Hetty Kate et George Washingmachine ou d’Emily Cole.

Quelle serait la programmation « parfaite » pour ce festival ?

L’électro-swing fera son entrée à Jazz aux Sources avec le groupe Lyre Le Temps le 24 mai à la Puce à l’Oreille, et je m’en réjouis. J’aime aussi accueillir les « jazzwomen » au sein du festival pour montrer que le style jazz n’a pas de genre. Le festival idéal inviterait Cecil McLorin, Dominique Magloire, Champian Fulton, Lilian Boutté et Caravan Palace !

Seuls les amateurs du genre sont-ils invités à cette « fête du jazz » ?

Au contraire, le jazz traditionnel que célèbre Jazz aux Sources est une musique festive originaire de la Nouvelle Orléans. Là-bas, elle est jouée dans les rues pour les naissances, les mariages et même les enterrements ! Nous essayons de retrouver cette ambiance lors des parades durant lesquelles tout le monde est invité à danser : amateurs, danseurs, mais aussi les habitants et notamment les enfants.

Qu’est-ce que le « jazz à danser » ?

Le swing est une façon d’interpréter le rythme jazz : d’une pulsation binaire, le swing retarde la 2e croche du temps. Cette technique crée un « balancement » audible qui donne irrésistiblement envie de balancer son corps dans l’espace. Et au-delà des termes musicologiques, le directeur artistique recherche des groupes attentifs et synchronisés aux pas des danseurs.

Le Festival Jazz aux Sources, ce n’est pas seulement de la musique ? Quelles autres activités sont au programme ?

Jazz aux Sources invite des danseurs de swing et de claquettes à animer des stages pour tous les niveaux dans la journée. Puis, les parades et concerts à 90% gratuits leur permettent de mettre en pratique les pas, sur de la musique live. Parmi les danseurs professionnels, nous recevrons pour la première fois les lindy-hopper William et Maëva, multiples champions du monde dans leur discipline, mais aussi les claquettistes Tamango, Fabrice Martin et Jelly Germain… entre autres !

L’année prochaine, ce sont les vingt années qui seront fêtées. Doit-on s’attendre à quelques surprises ?

Cette 19e édition apporte déjà quelques nouveautés : des couleurs vintage avec des pin-up et des voitures américaines, une exposition des plus beaux clichés des 5 dernières éditions du festival, une nouvelle piste de danse et des démonstrations des danseurs en plein-air… Nous préparons le 20e anniversaire avec beaucoup de plaisir et de fierté : une magnifique programmation et des danseurs exceptionnels en perspective !

Pour conclure, à quoi doit s’attendre le public du 2 au 5 juin à Châtel-Guyon ?

La convivialité unique d’un festival pour les oreilles, les yeux et les pieds !

Images 
Info+ 

Festival Jazz aux Sources
Châtel-Guyon
Du 2 au 5 juin
www.jazz-aux-sources.com