EL REINO

El Reino, Rodrigo Sorogoyen, Critique, Sortie cinéma, Octopus Magazine

EL REINO

Une chute vertigineuse magistralement incarnée
pop corn

Avec un rythme haletant, une mise en scène magistrale, un montage presque chirurgical, une musique omniprésente, un esthétisme hors pair, Rodrigo Sorogoyen nous entraîne avec lui dans une chute vertigineuse, celle d’un royaume, personnifié par un Antonio de la Torre époustouflant.

Manuel Lopez-Vidàl est bien installé dans son fauteuil luxueux de vice-secrétaire régional influent et compte bien gravir les échelons au plus vite. Seulement voilà. L’homme est mouillé dans des manigances que les médias ne tardent pas à découvrir. Les intrigues politiques se dévoilent alors peu à peu, avec une tension digne des meilleurs thrillers, portée corps et âme par Antonio de la Torre, magnifique dans son rôle de politicien pris la main dans le sac et qui se bat seul contre tous pour sauver sa peau.

Une narration et un style impeccables

Le réalisateur l’enveloppe littéralement dans un système narratif et stylistique aussi impeccables qu’implacables, nous entraînant avec délectation dans l’ambition, le cynisme, l’amoralité de cet homme pris au piège. Jusqu’au bout – et le final est une « merveille » ! -, on suit sans jamais perdre pied ni patience les fils inextricables de cette histoire cynique, de débats inquisiteurs en courses poursuites, plus qu’accrochés à l’effondrement de ce royaume sans foi ni loi qui ne manque pas de résonner avec des épisodes fameux de notre histoire politique, lointaine ou plus récente.

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Critique parue dans Octopus Magazine de mai 2019