Climax

Climax

Et vive la France !
pop corn

Ah… Gaspar Noé. L’intérêt d’un film en 2018 repose sur son originalité. De par l’histoire qu’il raconte ; de par sa mise en scène. Les réalisateurs tentent de se démarquer mais aucun [remarque assumée] n’arrive à la cheville de Gaspar Noé :
Climax en est la preuve.

Véritable incubateur d’émotions, l’œuvre cinématographique de Gaspard Noé se voit combler d’un nouvel élément en cette fin d’année 2018. Avec Climax, le père de Love ou encore d’Irréversible nous embarque au cœur d’un manège à sensations qui, on le sait avant même que le film ne commence, va rapidement dérailler. Comme à son habitude, l’originalité de la mise en scène et les plans séquences « mouvementés » font mouche et mettent mal à l’aise : un pouvoir que le réalisateur aime user, encore et toujours. Cette mise en scène permet, grâce à la prestation réaliste des acteurs-danseurs, de fournir son lot de singularité à ce film. Qui, aujourd’hui, ose glisser un générique au beau milieu d’un film ? Qui, aujourd’hui, réalise des plans séquences aussi flous qu’astucieux ? En deux prénoms : Gaspar Noé. L’ensemble du film est une véritable chorégraphie : d’abord joyeuse et dansée ; puis insane et dansée. Ces jeunes gens sont les représentants d’une société (française « et fière de l’être »). Littéralement coincée dans un huis clos « acidifié », cette société s’autodétruit, cloîtrée dans son propre corps, que la danse révèle en préambule. Ajoutez à cela, une bande originale tout simplement de circonstance, mais surtout omniprésente, qu’elle soit sur les devants de la scène ou en fond. La bande originale est sublimée (oui sublimée !) par des cris, des pleurs, des insultes et une aura sombre qui apporte un vrai côté vivant à ce film. Même si « vivre est un plaisir fugitif (…) la mort est une expérience extraordinaire ». Quand Salò rencontre Beckett, le Climax n’est pas loin.

Critque de novembre 2018